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AS de PIXEL : Vous avez à votre tour influencé de nombreux artistes plus jeunes, cette nouvelle génération vous inspire-t-elle en retour?
J.A. : Bien entendu, je me nourris de tout ce que je vois et qui m’interpelle. Dans cette jeune génération, certains sont incroyablement talentueux et maîtrisent des techniques qui n’existaient pas encore quand j’ai démarré. Ils ont l’énergie et les idées, ils sont nés avec le street-art et en repoussent les limites. S’il faut citer quelques noms parmi les acteurs de cet « art urbain » d’aujourd’hui, je mentionnerais Blu, Vhils, Rero et Roa dont les travaux m’impressionnent énormément.
AS de PIXEL : J’imagine que vous avez vu le film « Faites le mur » du street artiste anglais Banksy dans lequel on aurait pu également retrouver vos oeuvres, quel regard avez-vous porté sur ce film?
J.A. : J’admire le travail de Banksy, son sens du contexte et de l’à-propos, et je mesure l’impact qu’il a eu sur l’art de rue et la reconnaissance dont nous jouissons désormais, mais je n’ai rien pigé à ce film, pour être honnête ! Le propos est tellement décalé et à prendre à je ne sais quel degré : on touche à un certain élitisme qui me dérange un peu. Certains ont trouvé le film humoristique, mais j’avoue qu’il ne m’a pas vraiment fait rire… Je suis peut-être trop vieux, je ne sais pas, mais je ne vois pas bien quelle était l’intention de Banksy avec ce film, en fait ! C’est trop branché pour moi, je pense…
AS de PIXEL : Vous avez désormais votre auto-portrait géant sur la place Igor Stravinsky à Paris, à côté de Beaubourg, c’est l’un des plus grands pochoirs jamais réalisé. Est-ce un point d’honneur à votre brillante carrière artistique ou au contraire le début d’un défi encore plus grand?
J.A. : Ni l’un ni l’autre. Je n’utilise guère ces termes : honneur, défi… Ils appartiennent à un lexique que je n’aime pas trop. Pour moi, la chance de pouvoir peindre ce mur, c’était d’avantage de l’ordre du rêve, de l’aventure humaine, de la performance poétique, de… l’art, quoi ! Une marque sur le tissu urbain parisien dont la réalisation m’a beaucoup ému.
AS de PIXEL : Chacune de vos œuvres est signée de cette mystérieuse flèche rouge, a-t-elle un sens particulier?
J.A. : Oui, une flèche qui n’a pas de sens, ce n’est pas une flèche! C’est un signe simple et fort qui donne du « sens » dans tous les « sens » du terme… Je n’en dirai pas plus !